Les découvertes scientifiques de l'été 2026 : de l'eau exotique sur WASP-39 b aux ancêtres humains cachés
De l'eau semi-lourde détectée par James Webb sur WASP-39 b aux traces d'espèces humaines inconnues : tour d'horizon des avancées scientifiques récentes.
Le télescope spatial James-Webb vient de repérer une molécule inédite dans l'atmosphère d'une exoplanète. De l'eau semi-lourde, ou HDO, a été détectée autour de WASP-39 b, une planète gazeuse située à environ 700 années-lumière dans la constellation de la Vierge. Cette annonce, relayée en août 2026 par Futura-Sciences et Science et Vie, s'appuie sur une étude publiée sur arXiv le 21 juillet 2026 par des astronomes de l'université Ludwig-Maximilian de Munich.
Contrairement à l'eau ordinaire, l'eau semi-lourde contient un atome de deutérium à la place d'un hydrogène classique. Ce deutérium est un isotope alourdi par un neutron supplémentaire dans le noyau. Sur Terre, on utilise cette molécule comme modérateur dans certains réacteurs nucléaires, et elle se trouve naturellement dans l'eau de mer. Son observation hors du Système solaire constitue une première.
WASP-39 b, parfois nommée Bocaprins en référence à la plage Boca Prins dans le parc national d'Arikok à Aruba, est un Jupiter chaud. Sa masse représente 0,28 fois celle de Jupiter et son diamètre dépasse celui de Jupiter d'un facteur 1,3. Découverte en 2011, elle orbite à seulement 0,0486 unité astronomique de son étoile, vingt fois plus près que la Terre du Soleil. Sa température avoisine les 1 000 degrés Celsius, ce qui exclut toute habitation.
Les chercheurs ont mesuré le rapport deutérium-hydrogène dans son atmosphère. Ils ont trouvé environ quatre atomes de deutérium pour mille atomes d'hydrogène. Cette proportion dépasse nettement celle des géantes gazeuses du Système solaire et rejoint certaines valeurs observées autour d'étoiles naissantes. Cet indice chimique pourrait révéler comment la planète s'est formée et comment son atmosphère a évolué.
Deux scénarios principaux pourraient expliquer cet enrichissement. WASP-39 b se serait formée au-delà de la ligne des glaces de son disque protoplanétaire, dans une zone froide où l'eau gèle en emprisonnant davantage de deutérium. La planète aurait ensuite migré vers l'intérieur du système en emportant cette signature chimique. L'autre hypothèse évoque une perte massive d'eau ordinaire par échappement atmosphérique, l'eau semi-lourde étant plus difficile à expulser en raison de sa masse supérieure.
Cette découverte ouvre une voie prometteuse pour l'étude des atmosphères planétaires. Le télescope avait déjà identifié autour de WASP-39 b de la vapeur d'eau, du monoxyde de carbone, du sodium, du potassium, du dioxyde de carbone et du dioxyde de soufre. Le HDO, plus facile à isoler spectralement que d'autres traceurs, pourrait bientôt être recherché sur des planètes rocheuses et tempérées. Les astronomes espèrent ainsi reconstituer l'histoire des océans d'autres mondes et affiner leur potentiel d'habitabilité.
D'autres avancées marquent cette période. Des généticiens de l'université de Californie à Berkeley ont découvert dans le génome humain moderne les traces de deux espèces humaines inconnues, l'une ayant croisé nos ancêtres en Afrique avant 50 000 ans. Selon leur étude parue dans Science, environ 2 % de notre génome proviendrait d'hominines archaïques. Par ailleurs, la plus ancienne structure en bois connue, vieille de 476 000 ans, n'a pas été édifiée par Homo sapiens, et des vestiges d'une civilisation complexe pluriculturelle ont été mis au jour au Brésil.
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